Potosí et Sucre : les joyaux coloniaux boliviens

Potosí

13 janvier 2022

Après 4h de bus assez folklo entre le chauffeur qui n’a cessé de klaxonner pour faire fuir le grand nombre de lamas et moutons sur la route et Lulu qui avait la vessie au bord du débordement au point de demander un arrêt en urgence pour sortir faire un pipi nature sous les yeux ébahis et amusés des boliviens, nous voilà enfin à Potosí !
Et il fait hyper froid ! Il faut dire qu’il s’agit d’une des villes les plus hautes du monde (4 070 m, rien que ça). On est complètement morts, on s’installe à l’auberge, on ressort manger un gros burger bien gras à deux pas et on file nous coucher !

14 janvier 2022

Après une bonne grasse mat pour Lulu, on se met en route en direction du marché pour manger. Rien ne nous inspire mais on tombe sur une célébration, on ne sait pas trop en quel honneur (on suppose une célébration de fin d’année, notre aubergiste nous dira que c’est peut-être pour célébrer Jésus) mais on profite du spectacle.

On finit par trouver une super adresse pour manger et on se régale.
Nous rejoignons ensuite notre guide pour aller visiter la mine de la ville (encore une fois, ce sera un tour privilégié, nous ne serons que deux). Il faut savoir que Potosí est construit au pied du cerro Rico, une montagne riche de minerais (et notamment d’argent) qui a été l’une des principales sources de richesse de l’empire colonial espagnol (on dit qu’on aurait pu construire un pont en or entre la Bolivie et l’Espagne avec tout ce qui a été extrait à l’époque).
José est un ancien mineur et à pu quitter les mines en devenant guide. Il nous emmène tout d’abord au marché des mineurs pour acheter des cadeaux aux travailleurs que nous croiserons sur notre route. Il nous explique que depuis un mois la loi a changé et que seul les mineurs peuvent acheter de la dynamite maintenant (mais il nous en montre tout de même). Comme on est assez gêné d’aller faire du tourisme sur un lieu de travail, on décide de doubler les quantités d’achat par rapport à ce que José nous recommande.

Arrivés devant la mine, José nous équipe : combinaison, bottes, casque et lumière.

Nous pouvons entrer dans la mine. Nous rentrons par les tunnels du bas, la partie la plus stable et la seule accessible aux visites. Nous commençons par visiter le Tío dans sa grotte, le diable qui veille sur les mineurs et leur donne ou non de la chance pour trouver des minerais. Nous découvrons ici le syncrétisme religieux des boliviens, cette capacité à avoir mixé les croyances entre elles pour allier catholicisme et croyances ancestrales. En effet, les colons espagnols avaient apporté dans les mines des figurines du diable pour s’assurer que les esclaves travaillent bien (ils ne voulaient pas rentrer eux mêmes pour vérifier, trop dangereux). Ainsi, ils ont raconté aux mineurs que le diable les surveillait dans leur travail et qu’il leur arriverait malheur s’ils ne travaillaient pas bien. Les mineurs ont détourné cette image du diable et, au lieu d’en avoir peur, ils ont commencé à lui faire des offrandes pour lui demander la chance de trouver plein de minerai et ne pas avoir d’accident. Encore aujourd’hui cette pratique est courante et les offrandes sont nombreuses : cigarettes qu’on allume et qu’on place dans la bouche du diable, feuilles de coca, alcool fort dont on l’asperge avant de boire une gorgée cul sec…..

On commence ensuite à nous enfoncer dans les entrailles de la terre, il fait très sombre, c’est très anxiogène comme lieu.

José nous propose de descendre pour voir le niveau inférieur… pour cela il faut descendre 3 échelles de 5m chacune, à la verticale, tenues par des clous et sans sécurité en cas de chute. Sam est hyper chaud, Lulu beaucoup moins, mais bon quitte à être là autant aller jusqu’au bout ! Elle prend son courage à deux mains et commence à descendre (bien bien cramponnée sur son échelle). Arrivés en bas, on descend encore un niveau (15m de plus!!), plus on descend, plus l’air se fait lourd et plus on se sent comme pris au piège… c’est vraiment des conditions de travail très difficiles et on est en peine pour les mineurs dont c’est le quotidien… encore une fois on réalise à quel point on a de la chance, nous petits européens….

On décide de remonter au niveau 0 et de continuer à avancer dans le tunnel (impossible pour Lulu de descendre plus bas, ses jambes tremblent déjà à mort!!). Au final, ça aura été une visite très instructive, qui nous a permis de mieux comprendre les conditions de vie des habitants de Potosí et des boliviens en général (il y a beaucoup de mines en Bolivie).

Comme nous étions vendredi après-midi, nous avons « seulement » croisé des mineurs en train de sortir de la mine en poussant un chariot de 1,5 tonnes à deux (rien que ça). C’était la fin de leur semaine de travail et ils avaient l’air sincèrement heureux des présents qu’on leur avait apporté. Au final, nous étions assez soulagés de ne pas les avoir croisé en train de travailler, cela nous aurait sûrement semblé déplacé..

Sortis de la mine, nous rentrons à Potosí. Les jambes de Lulu continuent de trembler 🤣. Pour la petite histoire, elle a tellement flippé et contracter les muscles sur les échelles qu’elle va traîner des courbatures du futur pendant 4 jours, elle ne pourra presque plus marcher…

On profite d’avoir retrouvé l’air frais extérieur pour nous balader un peu dans la ville.

Le soir, en rentrant à l’auberge, on retrouve Nat et Pitt, un couple de stéphanois qui a fait le tour d’Uyuni en même temps que nous dans une des autres voitures. On réalise qu’on suit le même itinéraire et on décide de prendre la route ensemble le lendemain.

15 janvier 2022

Ce matin, nous allons visiter la casa de la moneda, l’ancienne fabrique de monnaie de la ville qui, en plus d’être un très beau bâtiment colonial, complète nos informations de la veille sur l’histoire de la ville.

Après un dernier repas dans notre super resto trouvé la veille et un dernier tour du centre, il est temps de repartir.

On a beaucoup aimé Potosí mais on est quand même bien contents de partir, il fait très très froid ici et notre auberge est un peu spartiate. Après notre tour de 4 jours jusqu’au Salar, nous avons un gros besoin de confort (qu’on espère trouver à Sucre, notre prochaine destination) !!

Nous nous mettons en route avec Nat et Pitt, on partage un taxi et on attrape un bus au bord d’une route au milieu de nulle part (action un peu improbable). Ce sera pas le trajet le plus confort de notre vie mais Sam s’est fait un copain.

Sucre

On arrive à Sucre sous un ciel rosé menaçant. On se pose à l’auberge et il commence à pleuvoir à verse. Il ne nous en faudra pas beaucoup plus : ce soir se sera soupe de noodles en mode plateau télé !

16 janvier 2022

Aujourd’hui nous décidons de faire une journée tranquille, nous avons besoin de repos (et Lucie peut à peine marcher). Après une grosse grasse mat, on finit par sortir pour manger au marché. On tombe tout de suite sous le charme du marché de Sucre, il est vraiment super. On sent qu’on va beaucoup manger ici dans les jours à venir !

Après manger, on se fait des bons jus de fruits fraîchement pressés. Les étales font trop envie !

On flâne un peu dans les rues sur le retour avant de retourner profiter du confort de notre super chambre jusqu’à la fin de la journée ! Ça fait du bien !

17 janvier 2022

Notre objectif principal de la journée a lieu dans l’après-midi : un cours de cuisine bolivienne en compagnie de Nat et Pitt. En attendant, on en profite pour retourner au marché pour goûter de nouvelles spécialités auprès de notre cuisto attitrée et pour boire un bon jus de fruit frais en guise de dessert. On flâne dans les rues et on s’offre une petite sieste histoire d’être en forme pour notre rendez-vous.

On rejoint ensuite Nat et Pitt devant la maison de Moï, notre professeur du jour. Ensemble nous allons apprendre à cuisiner plusieurs plats avant de les déguster ensemble : une salade à bolivienne, la sopa de maní, un dessert et un cocktail.

Une très bonne soirée entre copains où on a adoré apprendre de nouvelles recettes, sans compter qu’on s’est fait péter le bide !!!

18 janvier 2022

Après deux journées un peu tranquilles, on se sent maintenant en forme pour découvrir la ville plus en profondeur ! On commence notre journée par aller visiter la casa de la Libertad, l’édifice où a été signée la déclaration de l’indépendance du Haut Pérou (devenue la Bolivie), puis où a été rédigée la première constitution du pays. Aujourd’hui, il a été transformé en musée en l’honneur de l’indépendance et de ses héros.

Puis, on se rend à notre traditionnel stand du marché pour le déjeuner.

Nous avons ensuite rendez-vous avec Javier, le propriétaire d’une hospedaje que nous a recommandé Milton. Nous voulions nous y loger mais il était malheureusement complet. Il a tout de même tenu à nous recevoir pour nous faire visiter les lieux. Après un petit tour du propriétaire, Javier nous sort des énormes salteñas (empanadas locales) et des bières…nous qui sortons juste de table, on ne sait pas trop quoi dire….pour ne pas le vexer, on se lance à l’attaque de ce second repas….

Après un super moment en compagnie de Javier, nous repartons en roulant, on n’en peut plus. Pour faire un peu d’exercice, nous allons visiter le couvent San Felipe Neri qui offre une très jolie vue sur la ville depuis le toit.

Après une micro sieste, nous montons ensuite rejoindre Nat et Pitt au mirador qui surplombe la ville. Un très bon spot pour boire un cocktail au soleil couchant !

On finit la journée par aller manger tous ensemble le « meilleur poulet frit de la ville » chaudement recommandé par Moï la veille. Verdict : pas mal du tout pour un poulet frit !

19 janvier 2022

Pour notre dernière journée à Sucre, une fois n’est pas coutume, nous nous rendons une dernière fois au marché pour midi ! Cette petite routine bons petits plats et jus de fruits frais vont nous manquer. On flâne ensuite une partie de l’après-midi dans le parc Bolivar tout en étudiant les billets d’avion de retour en France (c’est qu’il est déjà temps de commencer à regarder) !

Pour le goûter, on a donné rendez-vous à Nat et Pitt dans un café pour goûter les sonso de queso, des brochettes de pâte de manioc au fromage, une spécialité de Santa Cruz (où nous ne sommes pas allés) qu’on cherche à goûter avec Sam depuis notre arrivée dans le pays. Et on ne regrette pas, c’est trop bon !!

Après des petites courses pour la route, il est déjà temps d’enfiler nos sacs à dos et de quitter cette ville dans laquelle on se sent si bien. C’est parti pour une trèèès longue nuit de bus jusqu’au parc Torotoro !


>> Pour plus de photos, c’est par ici <<


INFOS PRATIQUES
Transport
Uyuni > Potosí : 4h de trajet / 30 bobs par personne. Départs réguliers depuis la rue où se trouvent toutes les compagnies de bus.
Potosí > Sucre : 3h30 de trajet / 20 bobs par personne. Départs réguliers mais on ne saurait pas dire d’où (on a dit au taxi de nous emmener au terminal et il nous a répondu que les bus de l’après-midi pour Sucre partaient d’un certain pont, au milieu de nulle part vers la sortie de la ville. Et c’était bien le cas).

Hébergement
À Potosí :
Casa de Huéspedes Maria Victoria. Assez spartiate et assez froid (pas de chauffage) mais vraiment pas cher (140 bobs la nuit chambre double avec salle de bain privée et petit dej). Petite mention pour la douche à moitié au dessus des WC. Il parait que les chambres à l’étage seraient bien plus confort.

À Sucre :
Après l’accueil qu’il nous a fait, on ne peut que vous conseiller d’aller à la Casa de Javier ! Des chambres privées avec salle de bain et cuisine privées pour chaque chambre (avec de l’eau filtrée à dispo). La déco est d’un autre temps mais ça semble confortable. Mention spéciale pour la chambre du haut avec terrasse privative avec vue sur la ville !
Pour contacter « Papa » Javier (il n’est pas sur Booking) : +59172891067. Il prendra soin de vous à coup sûr !

Où manger ?
À Potosí : La Casona de la pascualita !! Uniquement ouvert le midi, ce super restaurant propose des menus du jour de folie : soupe + buffet de salades (dont légumes cuits) + plat avec buffet pour les accompagnement + dessert ! Vraiment une bonne adresse ! 30bobs le menu.

À Sucre :
Mercado (à un bloc de la plaza de Armas) : On ne peut que vous recommander le marché !! Meilleur rapport qualité/prix de la ville pour manger le midi et découvrir les spécialités culinaires locales ! Et n’hésitez pas à goûter les fantastiques jus au rez de chaussée !!

Pollos Doña Lia : pour le meilleur poulet frit de la ville (bon rapport qualité prix)

Las Delicias : pour un bon goûter ! Goutez absolument leurs délicieux sonso de queso !!

Suivre un cours de cuisine bolivienne
N’hésitez pas à contacter Moïse (La Boca del Sapo) ! Compter 185bobs par personne pour un cours de 4 personnes. Au programme : cuisine d’une entrée + plat + cocktail + dessert et bien sûr le repas convivial qui suit derrière !

Visites
Casa de la Libertad : 15bobs par personne. Visite guidée obligatoire. Départ environ toutes les heures.

Couvent San Felipe Neri : 17 bobs par personne. Ouvre à 14h30. L’entrée comprend une visite guidée.

Où acheter du chocolat ?
La chocolaterie Para Ti !!!!!! Sans hésiter ! Quel bonheur de manger du bon chocolat ! Ils ont du chocolat noir, des chocolats au quinoa, à la coca,….. un peu cher mais le genre de folie qui fait du bien !

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